LE DESSIN COMME OUTIL D'OBSERVATION

Bosqué, C. (mars 2016) « Une empathie fertile. Le dessin comme outil d’enquête au cœur des FabLabs », revue Techniques & Cultures, no 64, Essais de bricologie. Ethnologie de l’art et du design contemporains, pp. 168-185.

Dans cet article, je fais l’hypothèse qu’en tant que technique empirique, le dessin comme instrument de travail permet de provoquer une forme d’empathie fertile, c’est-à-dire de contourner les risques d’une fusion affective avec le terrain d’observation tout en instituant une communication plus directe avec les « autochtones » qui l’habitent. En tant que designer, la fréquentation d’espaces dédiés à la fabrication et à la création a été l’occasion de tester les limites et opportunités de certaines stratégies d’observation participante. Ce qui détermine le recours au dessin est lié au fait de vouloir rester longtemps dans les lieux visités sans nécessairement interrompre ou m’insérer dans les activités en cours. Pendant mes heures passées sur le terrain, j’ai confondu dans mes carnets des notes prises sur le vif avec des croquis de l’espace, des représentations de certains détails ou certaines scènes attrapées rapidement. On y trouve également quelques portraits ou des schémas d’explications techniques, des anecdotes qui me permettent a posteriori de reprendre par la description écrite certains moments marquants, parfois complétés d’enregistrements audio. Les images imparfaites ou inachevées qui peuplent mes carnets accompagnent la narration de mon expérience ethnographique. En présentant dans cet article des pages directement extraites de mes carnets d’enquête, j’affirme l’importance peu étudiée d’une pratique de l’enquête par, avec et autour du dessin.


Texte téléchargeable ici : Le dessin comme outil d’observation.pdf